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Discours du Président de la Deutsche Bundesbank contre les crypto-actifs

Discours du Président de la Deutsche Bundesbank contre les crypto-actifs

Intéressant discours du Président de la Deutsche Bundesbank contre les crypto-actifs. Finalement. L'énergie perdue sur ce phénomène est préoccupante. Mais les illusions sont dures à disparaître. Quand Don Quichotte comprend que ses convictions n'étaient que le fruit de la fantaisie. Il meurt.

À relever les passages suivants : 
"En tout cas, ils (les crypto-tokens) ne remplissent pas les fonctions centrales de l’argent dans une économie nationale. Car face aux fluctuations de cours, les crypto-tokens ne sont faits ni pour préserver la valeur de manière fiable, ni pour servir d’unité de compte. Ils ne sont que rarement utilisés comme instruments d’échange, car les coûts des transactions sont souvent élevés et leur traitement prend en comparaison beaucoup de temps. Le grand besoin énergétique est aussi un facteur : selon nos estimations, une transaction en bitcoin nécessitait, au début de l’année dernière, plus de 400 000 fois plus de courant qu’un virement normal. Selon une étude de la BRI, publiée en janvier 2019, pas une seule des 63 banques centrales interrogées n’avait, dans son pays respectif, d’utilisation notable des crypto-tokens"

L'appréciation portée sur la techonologie blockchain est plus nuancée :
" Toutefois la technologie sous-jacente aux crypto-tokens, la technologie des grands livres distribués, demeure intéressante.
Il y a deux ans déjà, je vous avais présenté, lors de cette manifestation, le projet commun de blockchain de la Bundesbank et de la Deutsche Börse pour le règlement des opérations sur titres. Aujourd’hui, je peux vous faire part des progrès réalisés. A l’automne dernier, nous avons achevé les tests pour un prototype de blockchain développé en commun. Le résultat a montré que les différentes variantes examinées pouvaient en principe être utilisées sur de gros volumes. Toutefois, si l’on compare avec les systèmes utilisés actuellement, les solutions blockchain n’ont pas donné de meilleurs résultats dans tous les domaines. Le déroulement a parfois duré un peu plus longtemps et a généré des coûts d’équipement informatique relativement importants.
Des expériences similaires ont sans doute été faites dans d’autres domaines du secteur financier. Malgré de nombreux tests de prototypes basés sur blockchain, cette technologie n’a, à ce jour, pas vraiment réussi à percer en tant qu’application. La nouvelle technologie est prometteuse pour l’avenir, mais doit encore être développée pour être mise en pratique."

Le discours contient d'intéressantes statistiques sur l'usage des espèces:
" D’après une étude de la Bundesbank, 74 % des paiements enregistrés au cours de l’été 2017 ont été effectués en liquide. Si l’on compare à 2014, cela représente un recul de cinq points de pourcentage....
Dans le cadre des nouveautés techniques et d’une popularité croissante des paiements scripturaux, les banques centrales étudient maintenant la question d’une monnaie centrale numérique. C’est la Suède qui, en comparaison, y porte une attention soutenue, car dans ce pays l’utilisation de l’argent liquide a fortement diminué.[4] Selon les données de la Riksbank, seulement 13 % des personnes interrogées ont payé en 2018 leurs achats en liquide, en 2010 il y en avait encore 39 %. Cela démontre qu’à partir d’un certain point, l’utilisation de l’argent liquide diminue nettement plus vite, ce qui s’explique par les effets de réseau qui s’amenuisent."

Très intéressantes observations aussi sur une monnaie numérique créée par une banque centrale :
"Une monnaie numérique créée par la banque centrale et destinée à un large cercle d’utilisateurs pourrait – en fonction de sa conception – avoir de graves effets : en premier lieu sur le système bancaire, car une monnaie numérique créée par la banque centrale à l’usage de tout le monde pourrait transformer de manière fondamentale les modèles de gestion des banques et l’intermédiation sur les marchés financiers. En second lieu, la demande en monnaie centrale numérique pourrait être plus importante et volatile que celle en monnaie fiduciaire, avec des effets correspondants sur le bilan de la banque centrale. En troisième lieu, en cas de crise, la stabilité financière serait plus menacée que de nos jours, du fait que la monnaie centrale numérique offrirait une alternative de placement supplémentaire, très liquide et sûre. C’est pourquoi tant une « fuite vers la sécurité » en général qu’une ruée bancaire en particulier se pourrait produire plus rapidement et dans une plus ample mesure que dans le passé."
 

iusNet DB 24.06.2019

Discours du Président de la Deutsche Bundesbank contre les crypto-actifs

Documentation
Réglementation et surveillance

Discours du Président de la Deutsche Bundesbank contre les crypto-actifs

Intéressant discours du Président de la Deutsche Bundesbank contre les crypto-actifs. Finalement. L'énergie perdue sur ce phénomène est préoccupante. Mais les illusions sont dures à disparaître. Quand Don Quichotte comprend que ses convictions n'étaient que le fruit de la fantaisie. Il meurt.

À relever les passages suivants : 
"En tout cas, ils (les crypto-tokens) ne remplissent pas les fonctions centrales de l’argent dans une économie nationale. Car face aux fluctuations de cours, les crypto-tokens ne sont faits ni pour préserver la valeur de manière fiable, ni pour servir d’unité de compte. Ils ne sont que rarement utilisés comme instruments d’échange, car les coûts des transactions sont souvent élevés et leur traitement prend en comparaison beaucoup de temps. Le grand besoin énergétique est aussi un facteur : selon nos estimations, une transaction en bitcoin nécessitait, au début de l’année dernière, plus de 400 000 fois plus de courant qu’un virement normal. Selon une étude de la BRI, publiée en janvier 2019, pas une seule des 63 banques centrales interrogées n’avait, dans son pays respectif, d’utilisation notable des crypto-tokens"

iusNet DB 24.06.2019

 

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